Vous venez de lire votre compte-rendu de radiographie ou d’IRM, et un terme vous a arrêté net : spondylolisthésis L5-S1. Peut-être aussi antélisthésis, lyse isthmique, ou les deux à la fois. Le mot est long, technique, et le réflexe naturel est de chercher sur internet ce qu’il signifie. Le problème, c’est que la plupart des pages médicales basculent vite vers la chirurgie ou le catastrophisme, sans prendre le temps d’expliquer ce que ce diagnostic décrit vraiment.
La réalité est plus nuancée. Ce glissement vertébral est fréquent, souvent découvert par hasard, et dans une grande majorité de cas, la prise en charge reste non chirurgicale. Ce qui compte, c’est de comprendre les mots de votre compte-rendu, de distinguer une gêne mécanique courante d’un signal qui justifie de reconsulter, et de savoir quels examens servent réellement. Vous trouverez ici les réponses concrètes, sans jargon non traduit et sans fausse promesse.
Sommaire
Qu’est-ce qu’un spondylolisthésis L5-S1 exactement ?
Pourquoi parle-t-on aussi d’antélisthésis ou de lyse isthmique ?
Quels symptômes sont fréquents et lesquels ne prouvent rien à eux seuls ?
Ce qui est normal et ce qui doit alerter, concrètement
Quels examens servent vraiment pour confirmer un spondylolisthésis L5-S1 ?
Peut-on éviter l’opération et que fait-on en premier ?
Quand faut-il reconsulter vite ou demander un avis spécialisé ?
Peut-on vivre, marcher et parfois faire du sport avec un spondylolisthésis L5-S1 ?
Spondylolisthésis L5-S1 : comprendre d’abord, s’inquiéter ensuite
Qu'est-ce qu'un spondylolisthésis L5-S1 exactement ?
Un glissement vertébral, pas un effondrement
Le spondylolisthésis désigne le glissement d’une vertèbre par rapport à celle située juste en dessous. Ce n’est pas une fracture brutale, ni une vertèbre qui « tombe » : c’est un déplacement progressif, souvent de quelques millimètres, qui peut rester stable pendant des années sans provoquer le moindre symptôme.
Le terme L5-S1 désigne le niveau concerné : L5 est la cinquième vertèbre lombaire, la dernière avant le sacrum (S1). C’est la charnière entre le bas du dos et le bassin, une zone qui supporte une charge mécanique importante à chaque pas, à chaque flexion, à chaque mouvement du tronc. Ce niveau n’a rien d’exceptionnel sur un compte-rendu : c’est au contraire celui où les contraintes mécaniques sont les plus fortes.
Pourquoi L5-S1 revient si souvent dans les comptes-rendus ?
Dans la forme la plus courante de spondylolisthésis, appelée forme isthmique, le niveau L5-S1 est de loin le plus souvent concerné. Cela s’explique par la géométrie de la zone : l’angle entre la colonne lombaire et le sacrum crée des contraintes mécaniques particulièrement fortes sur l’isthme vertébral de L5, une petite zone osseuse qui relie l’avant et l’arrière de la vertèbre.
Lire « spondylolisthésis L5-S1 » sur un compte-rendu est donc courant. Cela ne signifie pas que votre cas est plus grave qu’un autre niveau : cela signifie que c’est le niveau le plus exposé mécaniquement, celui où ce type de glissement survient le plus souvent.
Spondylolisthésis, hernie et discopathie : trois diagnostics différents
Une confusion revient régulièrement : le spondylolisthésis n’est pas une hernie discale. La hernie concerne le disque intervertébral, cette sorte de coussin situé entre deux vertèbres, dont une partie sort de son emplacement normal. Le spondylolisthésis, lui, concerne la vertèbre elle-même, qui glisse vers l’avant. Les deux peuvent coexister au même niveau, mais ce sont deux problèmes distincts, avec des mécanismes et des prises en charge qui ne se recoupent pas toujours.
Le mot « discopathie » que vous avez peut-être aussi lu sur votre compte-rendu désigne encore un autre problème : l’usure du disque situé entre deux vertèbres. Spondylolisthésis, hernie discale et discopathie peuvent toucher le même niveau L5-S1 sans être la même chose. Les distinguer est le premier pas pour comprendre ce que votre imagerie dit réellement.
Spondylolisthésis, antélisthésis, lyse isthmique : trois termes, un même phénomène
- Le spondylolisthésis est le glissement d'une vertèbre sur celle du dessous
- L'antélisthésis précise que le glissement se fait vers l'avant, le cas le plus fréquent
- La lyse isthmique est la cause de ce glissement dans sa forme la plus courante : une fracture de fatigue sur l'isthme vertébral, apparue le plus souvent pendant l'enfance
- L5-S1 est le niveau le plus souvent concerné dans les formes isthmiques
Pourquoi parle-t-on aussi d'antélisthésis ou de lyse isthmique ?
Des mots différents pour décrire un même phénomène
Votre compte-rendu peut mentionner « antélisthésis de L5 sur S1 », « lyse isthmique bilatérale » ou « spondylolisthésis isthmique ». Ces termes décrivent des facettes du même problème. L’antélisthésis signifie simplement que la vertèbre a glissé vers l’avant, par opposition au rétrolisthésis (glissement vers l’arrière), beaucoup plus rare. La lyse isthmique désigne la cause de ce glissement : une interruption osseuse, c’est-à-dire une petite fracture, au niveau de l’isthme vertébral.
Une fracture de fatigue acquise pendant l'enfance
Contrairement à ce que beaucoup de patients craignent, la lyse isthmique n’est pas une fracture récente. Elle correspond à une fracture de fatigue acquise entre 7 et 15 ans, lors de la croissance, chez des enfants dont l’activité physique sollicitait fortement le bas du dos. Gymnastique, sports en hyperextension, répétitions intenses : les contraintes s’accumulent sur un os encore immature. Cette fracture passe souvent totalement inaperçue à l’époque. L’adulte la découvre parfois vingt ou trente ans plus tard, à l’occasion d’une radiographie demandée pour une lombalgie.
Forme isthmique et forme dégénérative : deux histoires différentes
Le spondylolisthésis peut aussi apparaître plus tard dans la vie, sans lyse isthmique, par usure progressive des articulations et des disques vertébraux. Cette forme dite dégénérative touche plutôt le niveau L4-L5, chez des personnes de plus de 50 ans. La distinction compte : les deux formes ne se comportent pas de la même façon et ne se traitent pas exactement pareil. Votre médecin sait laquelle vous concerne à la lecture de l’imagerie.
Un problème répandu, souvent silencieux
La lyse isthmique est une situation relativement fréquente et souvent silencieuse. Beaucoup de personnes en portent une sans le savoir, parce qu’elle ne provoque aucun symptôme. Ce point est important : un spondylolisthésis découvert sur une imagerie n’est pas, en soi, une maladie. C’est un constat anatomique, qui peut ou non expliquer vos douleurs. La discopathie dégénérative en L5-S1 illustre la même nuance : un constat d’imagerie fréquent qui ne suffit pas, seul, à expliquer une douleur.
Quels symptômes sont fréquents et lesquels ne prouvent rien à eux seuls ?
La lombalgie mécanique, symptôme le plus courant
Le symptôme le plus souvent rapporté est une douleur dans le bas du dos, aggravée par la station debout prolongée, la marche ou les mouvements d’extension du tronc. Certains patients décrivent une sensation de raideur, comme si le bas du dos « bloquait » après être resté assis longtemps. Cette douleur est typiquement mécanique : elle varie selon les positions et les activités, et elle tend à s’améliorer au repos.
L'irradiation dans la jambe : un signal à contextualiser
Quand le glissement vertébral comprime ou irrite une racine nerveuse, la douleur peut descendre dans la fesse, la cuisse ou le mollet. Cette irradiation ressemble à une sciatique et mérite d’être signalée à votre médecin. Elle ne signifie pas pour autant que la situation est grave : une irradiation stable et évaluée se gère dans la majorité des cas sans chirurgie. Des engourdissements ou des picotements peuvent l’accompagner, notamment dans le pied ou la face externe de la jambe.
Des formes silencieuses découvertes par hasard
Il arrive qu’un spondylolisthésis L5-S1 soit découvert sur une radiographie prescrite pour un tout autre motif. Le patient n’a ni douleur lombaire, ni irradiation, ni gêne fonctionnelle. Les formes légères à modérées, avec un glissement inférieur ou égal à 50 %, peuvent être peu symptomatiques, surtout chez les personnes jeunes. Cette découverte fortuite ne justifie pas, à elle seule, un traitement ni une inquiétude particulière.
Le grade ne prédit pas la douleur
La classification de Meyerding mesure l’importance du glissement en quatre grades : grade I (0 à 25 %), grade II (25 à 50 %), grade III (50 à 75 %) et grade IV (75 à 100 %). Ce que beaucoup de patients ignorent, c’est que le grade ne correspond pas à la douleur. Un grade I peut provoquer des douleurs importantes chez une personne, tandis qu’un grade II reste parfois silencieux chez une autre. Le grade mesure un déplacement, pas un ressenti : deux patients avec le même grade peuvent vivre des situations très différentes.
Ce qui est normal et ce qui doit alerter, concrètement
La gêne mécanique fluctuante : souvent rassurante
La plupart des douleurs liées à un spondylolisthésis L5-S1 suivent un schéma reconnaissable. Elles augmentent à l’effort, en position debout ou à la marche, et elles diminuent au repos, en position assise ou allongée. Elles peuvent varier d’un jour à l’autre, d’une semaine à l’autre, en fonction de l’activité, de la fatigue ou du stress. Ce caractère fluctuant est plutôt rassurant : il témoigne d’une composante mécanique, pas d’une atteinte neurologique progressive.
Certains patients remarquent que la douleur est plus marquée en fin de journée et qu’elle diminue au matin. D’autres observent que la flexion en avant soulage temporairement la zone lombaire. Ces variations reflètent la charge mécanique qui change au fil de la journée : le glissement ne « bouge » pas d’heure en heure, c’est la sollicitation des structures autour de lui qui fluctue.
Les drapeaux rouges à connaître
Certains symptômes, rares, imposent de consulter sans attendre. Ils ne sont pas là pour vous effrayer : ils sont là pour que vous sachiez les reconnaître si jamais ils surviennent :
- une faiblesse musculaire qui s’aggrave dans la jambe ou le pied
- des troubles urinaires ou fécaux inhabituels, comme une difficulté à uriner ou une perte de contrôle
- une douleur devenue brutalement insupportable et que rien ne soulage
- une perte de sensibilité au niveau du périnée
Le bon réflexe face au doute
Les atteintes des racines nerveuses commandant les sphincters restent totalement exceptionnelles dans la forme isthmique. Leur rareté ne justifie pas l’angoisse permanente, mais elle impose une règle simple : il vaut mieux une consultation inutile qu’une urgence neurologique manquée. Face à un doute sur l’un de ces symptômes, consultez le jour même. Votre médecin préfère toujours que vous veniez « pour rien » plutôt que vous attendiez trop longtemps.
Signaux d'alerte : quand reconsulter sans attendre
Ces situations sont rares, mais elles nécessitent un avis médical le jour même.
- Faiblesse musculaire qui s'aggrave dans la jambe ou le pied
- Troubles urinaires ou fécaux nouveaux (perte de contrôle, difficulté à uriner)
- Douleur devenue brutalement insupportable et résistante à tout antalgique
- Perte de sensibilité au niveau du périnée
Quels examens servent vraiment pour confirmer un spondylolisthésis L5-S1 ?
La radiographie debout : le premier examen
La radiographie standard du rachis lombaire, réalisée debout et de profil, est l’examen de base. C’est elle qui montre le glissement et qui permet de le mesurer en grade selon la classification de Meyerding. La position debout a son importance : un glissement peut paraître moins marqué sur un cliché réalisé couché, parce que la pesanteur n’agit plus de la même façon sur les vertèbres. Si votre radiographie a été faite uniquement en position allongée, votre médecin pourra en demander une autre debout pour affiner l’évaluation.
Un détail qui revient souvent dans les questions des patients : pourquoi le grade annoncé varie parfois d’un examen à l’autre ? La réponse tient souvent à la position. Une radiographie faite debout montre le glissement en charge, tandis qu’un cliché réalisé couché peut le sous-estimer. La comparaison exacte entre deux examens n’est fiable que si les conditions de réalisation sont identiques.
L'IRM : visualiser les nerfs et les disques
L’IRM n’est pas systématique. Elle est demandée quand il faut visualiser les structures nerveuses, les racines, le canal rachidien, ou évaluer l’état des disques intervertébraux. Son rôle est complémentaire : elle ne mesure pas bien le glissement (elle est réalisée couché), mais elle montre ce que la radio ne peut pas voir, notamment une compression nerveuse ou un disque abîmé associé. Elle devient particulièrement utile quand une irradiation dans la jambe persiste ou s’aggrave.
Le scanner : détailler l'os
Le scanner est utile pour voir précisément la lyse isthmique elle-même, cette petite interruption osseuse au niveau de l’isthme vertébral. Il complète la radiographie quand le médecin a besoin de confirmer le mécanisme du glissement ou d’évaluer l’état de l’os en détail avant une éventuelle décision thérapeutique.
Plus d'imagerie ne signifie pas meilleure prise en charge
Un piège fréquent consiste à croire que multiplier les examens accélère ou améliore le traitement. En réalité, votre médecin choisit l’examen en fonction de la question clinique qu’il se pose. Si vos symptômes sont une lombalgie mécanique simple, une radiographie debout peut suffire. Si une irradiation neurologique apparaît, l’IRM devient pertinente. Chaque examen répond à une question précise, et les demander tous en même temps n’apporte pas forcément plus de réponses utiles à ce stade.
Quel examen, pour quelle question ?
Votre médecin ne les prescrit pas tous en même temps : chacun répond à une question clinique différente.
- Radiographie debout et de profil : mesurer le glissement, déterminer le grade
- IRM : visualiser les nerfs, le canal rachidien et les disques (réalisée couché, elle ne mesure pas le glissement en charge)
- Scanner : confirmer la lyse isthmique, détailler la structure osseuse
Peut-on éviter l'opération et que fait-on en premier ?
Le traitement conservateur en première ligne
Dans la grande majorité des cas, la prise en charge d’un spondylolisthésis L5-S1 commence sans chirurgie. Le traitement de première intention associe des antalgiques ou des anti-inflammatoires prescrits par votre médecin, de la kinésithérapie ciblée et une adaptation des activités qui aggravent les douleurs. L’objectif n’est pas de « remettre la vertèbre en place » : c’est de renforcer les muscles qui stabilisent la zone, d’améliorer la souplesse et de réduire les contraintes mécaniques sur le segment concerné.
La kinésithérapie : stabiliser la zone lombaire
Les exercices de stabilisation lombaire sont au cœur de la rééducation. Ils ciblent les muscles profonds du tronc, notamment le transverse et les multifides, qui maintiennent la colonne en place pendant les mouvements du quotidien. Un travail sur la souplesse des hanches et des ischio-jambiers complète souvent le programme, parce que des muscles raides à ces niveaux augmentent les contraintes sur L5-S1. Ce n’est pas spectaculaire, c’est ce qui fonctionne le mieux pour un problème de dos d’origine mécanique.
Exercices utiles et signes d’alerte
Si la douleur vous inquiète, ce court module précise ce qui peut être soulagé par des exercices adaptés et ce qui doit faire consulter rapidement. Proposée par Benjamin Brochet, il aide aussi à comprendre quels examens servent vraiment selon vos symptômes.
D’autres approches manuelles, comme la chiropraxie, peuvent compléter cette prise en charge en travaillant sur les restrictions de mobilité du rachis et du bassin, toujours en coordination avec votre médecin.
Quand la chirurgie entre-t-elle dans la discussion ?
La chirurgie est envisagée quand un traitement conservateur bien conduit pendant plusieurs mois ne suffit pas à contrôler les symptômes, ou quand des signes neurologiques s’aggravent malgré la prise en charge. Elle n’est jamais le point de départ, sauf dans les situations exceptionnelles déjà évoquées : sciatique paralysante, syndrome de la queue de cheval, c’est-à-dire une compression des racines nerveuses du bas de la colonne, ou douleur hyperalgique rebelle à tout traitement. L’intervention la plus courante est l’arthrodèse lombaire, qui vise à fusionner les deux vertèbres, parfois associée à une décompression des racines nerveuses.
Repères de temps à garder en tête
- Le traitement conservateur (kinésithérapie, adaptation des activités, antalgiques) est évalué sur plusieurs mois avant de conclure à un échec
- La chirurgie n'est discutée qu'après ce délai, sauf urgence neurologique
- Quand une intervention a lieu, la récupération prend plusieurs semaines pour la reprise des activités courantes
- Le processus global de récupération fonctionnelle peut s'étendre sur 12 à 18 mois
- Ces repères varient selon l'âge, l'état musculaire, le type de chirurgie et l'investissement dans la rééducation
Quand faut-il reconsulter vite ou demander un avis spécialisé ?
Des symptômes qui persistent malgré une prise en charge bien menée
Si vous suivez une rééducation régulière depuis plusieurs mois, que vous avez adapté vos activités et que votre traitement antalgique est bien conduit, mais que la douleur reste constante ou s’aggrave, un point d’étape avec votre médecin s’impose. Ce n’est pas un échec : c’est une réévaluation nécessaire pour ajuster la stratégie ou demander un avis spécialisé auprès d’un rhumatologue ou d’un chirurgien du rachis.
Si la question de l’incidence sur votre vie professionnelle se pose, les démarches liées à l’invalidité pour une pathologie en L5-S1 sont traitées dans un article dédié qui détaille les critères administratifs.
Une aggravation neurologique
Un signe neurologique nouveau ou qui progresse justifie une consultation rapide. Une faiblesse qui s’installe dans le pied, avec une difficulté à relever la pointe ou à marcher sur les talons, un engourdissement qui s’étend, ou une irradiation qui devient permanente au lieu de fluctuer : ces changements signalent une possible compression nerveuse accrue. L’enjeu est de vérifier que le glissement ne retentit pas davantage sur une racine nerveuse, et d’adapter la prise en charge en conséquence. Un simple examen clinique suffit souvent à orienter la décision.
Comment formuler la question avec votre compte-rendu
Beaucoup de patients hésitent à « déranger » leur médecin avec leur imagerie. La formulation est pourtant simple : « J’ai un spondylolisthésis L5-S1 sur mon compte-rendu. Mes douleurs persistent. Faut-il réévaluer ma situation ? » Cette question donne au médecin les informations dont il a besoin pour décider de la suite, qu’il s’agisse d’examens complémentaires, d’un avis spécialisé ou d’un simple ajustement du traitement en cours.
Peut-on vivre, marcher et parfois faire du sport avec un spondylolisthésis L5-S1 ?
La marche et le quotidien : souvent possibles
La majorité des personnes porteuses d’un spondylolisthésis L5-S1 vivent normalement, travaillent et marchent sans limitation majeure. Ce n’est pas un diagnostic qui impose l’immobilité. La marche est d’ailleurs généralement encouragée, parce qu’elle entretient la musculature et la mobilité du rachis. Si une gêne apparaît à la station debout prolongée ou à la marche sur de longues distances, l’adaptation passe par le fractionnement de l’effort et le respect des signaux de votre corps, pas par l’arrêt complet.
Le sport : oui, avec discernement
L’interdiction systématique du sport n’a aucun sens face à un spondylolisthésis. Ce qui compte, c’est de choisir des activités adaptées à votre situation et de les pratiquer avec un encadrement médical ou kinésithérapique si nécessaire. La natation, le vélo sur terrain plat et la marche active sont souvent bien tolérés. Les sports qui sollicitent fortement l’hyperextension du rachis lombaire, comme la gymnastique, le plongeon ou certains gestes en haltérophilie, méritent une discussion avec votre médecin, surtout si le spondylolisthésis est symptomatique.
Ni faux rassurant, ni faux alarmiste
Vous lirez parfois que le spondylolisthésis « ne fait rien » : c’est faux, puisque certaines personnes souffrent réellement. Vous lirez aussi qu’il faut « tout arrêter » : c’est tout aussi faux, puisque la majorité des porteurs vivent avec sans restriction. La réalité se situe entre les deux. Votre cas est individuel, et c’est pour cela qu’un suivi régulier a du sens : réévaluer avec votre médecin chaque fois que quelque chose change, ajuster l’activité en fonction de l’évolution, garder les exercices de renforcement du dos comme un appui durable. L’objectif n’est pas de « guérir » un constat anatomique, c’est de vivre avec, confortablement, le plus longtemps possible.
Spondylolisthésis L5-S1 : comprendre d'abord, s'inquiéter ensuite
Ce diagnostic impressionne, et c’est normal. Le vocabulaire médical, le chiffre du grade, la mention de « glissement vertébral » sur un compte-rendu suffisent à provoquer une inquiétude légitime. Les repères médicaux disent pourtant autre chose : une situation souvent découverte sans drame, une immense majorité de cas gérés sans chirurgie, et des situations d’urgence réelle qui restent exceptionnelles.
Les repères sont posés : lire votre compte-rendu sans panique, distinguer une gêne fréquente d’un signal d’alerte, et formuler les bonnes questions à votre médecin. Le suivi régulier et le dialogue avec votre praticien restent vos meilleurs appuis. Parlez-lui de ce que vous ressentez, montrez-lui votre imagerie, ne gardez pas vos questions pour vous.
- SOFCOT, Traitement chirurgical du glissement d’une vertèbre (spondylolisthésis), sofcot.fr
- Manuel MSD, Spondylolisthésis, msdmanuals.com
- NHS, Spondylolisthesis, nhs.uk
- Deuxième Avis, Spondylolisthésis par lyse isthmique, deuxiemeavis.fr
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Vos questions fréquentes
Les patients s’interrogent souvent sur plusieurs aspects des soins chiropratiques. Voici les réponses aux questions les plus courantes :
Un spondylolisthésis L5-S1 est-il forcément grave ?
Non. Un spondylolisthésis L5-S1 est un constat d’imagerie fréquent, surtout dans sa forme isthmique. Beaucoup de personnes portent un glissement vertébral sans aucun symptôme. La gravité dépend de ce que vous ressentez, de l’évolution dans le temps et de la présence ou non de signes neurologiques, pas du diagnostic en lui-même.
Quelle différence entre spondylolisthésis et hernie discale ?
Le spondylolisthésis est le glissement d’une vertèbre sur la vertèbre inférieure. La hernie discale est la saillie d’une partie du disque intervertébral, le coussin situé entre deux vertèbres. Les deux peuvent toucher le même niveau (L5-S1), mais ce sont deux problèmes distincts avec des mécanismes différents. Ils peuvent coexister sans que l’un entraîne automatiquement l’autre.
Est-ce qu'un grade 1 peut faire mal ?
Oui. Le grade mesure l’importance du glissement, pas l’intensité de la douleur. Un grade I (glissement inférieur à 25 %) peut provoquer des douleurs significatives chez certaines personnes, tandis qu’un grade plus élevé peut rester silencieux chez d’autres. Votre ressenti et l’évolution clinique comptent davantage que le chiffre du grade.
Peut-on marcher avec un spondylolisthésis L5-S1 ?
Dans la grande majorité des cas, oui. La marche est même encouragée pour entretenir la musculature du dos. Si elle provoque une gêne, il convient de fractionner les distances et d’adapter la durée plutôt que d’arrêter complètement. Votre médecin ou votre kinésithérapeute peut vous aider à trouver le bon dosage.
Quand faut-il faire une IRM ?
L’IRM n’est pas systématique. Elle est demandée quand votre médecin a besoin de visualiser les racines nerveuses, le canal rachidien ou l’état des disques, par exemple si une irradiation dans la jambe apparaît ou si les symptômes ne répondent pas au traitement. La radiographie debout reste le premier examen pour mesurer le glissement.
La chirurgie est-elle fréquente ?
Non. La grande majorité des spondylolisthésis L5-S1 se traitent de façon conservatrice : kinésithérapie, antalgiques, adaptation des activités. La chirurgie n’est envisagée qu’après plusieurs mois de traitement bien conduit sans amélioration suffisante, ou en cas de signes neurologiques qui s’aggravent. Les urgences chirurgicales restent exceptionnelles.
Peut-on faire du sport avec une lyse isthmique ?
Oui, dans la plupart des cas, à condition de choisir des activités adaptées. La natation, le vélo sur terrain plat et la marche active sont souvent bien tolérés. Les sports qui sollicitent fortement l’hyperextension du dos méritent un avis médical préalable. Le sport n’est pas interdit : il doit être ajusté à votre situation individuelle.
Quels symptômes imposent une consultation urgente ?
Une faiblesse musculaire qui s’aggrave dans la jambe ou le pied, des troubles du contrôle urinaire ou fécal, une douleur brutalement insupportable que rien ne soulage, ou une perte de sensibilité au niveau du périnée. Ces situations sont rares, et elles nécessitent un avis médical le jour même.



