Chiropraxie et Fibromyalgie

La Fibromyalgie

Souvent considérée à tort par nombre de praticiens de santé comme une pathologie d’ordre psychologique (voire psychiatrique),la fibromyalgie serait en fait un dysfonctionnement des voies de la douleur, lié à un trouble du métabolisme de la sérotonine,entraînant un déficit de ce neurotransmetteur impliqué dans la modulation des influx douloureux, dans la régulation du sommeil, ainsi que dans l’anxiété et la dépression. Cela aurait donc pour conséquence un état d’hyperesthésie diffuse et chronique, associé à un syndrome dépressif plus ou moins marqué.

 

Cette pathologie, qui touche surtout la femme adulte, plutôt jeune, se traduit par des zones douloureuses diffuses, bilatérales, à prédominance axiale.

 

La patiente qui consulte à l’origine pour des douleurs mal systématisées, raconte que ses souffrances sont devenues, avec le temps, non seulement chroniques mais également rebelles aux traitements usuels et viennent retentir aujourd’hui sur sa vie socioprofessionnelle quotidienne.

 

La fibromyalgie est définie par 9 zones douloureuses symétriques, ce qui porte à 18 le nombre de points douloureux sur l’ensemble du corps :

Fibromyalgie et Chiropraxie

 

Il s’agit en fait de zones déjà sensibles chez le sujet sain, probablement riches en nocicepteurs, en général des insertions tendineuses ou des articulations directement sous-cutanées. Leur sensibilité à la pression chez le fibromyalgique (deux à trois fois plus que chez le sujet normal) s’accompagne d’une réaction d’évitement ou d’un sursaut lorsqu’on les palpe.

 

Les troubles du sommeil associés sont quasi-constants : difficultés à s’endormir, réveils nocturnes ou sensation de se réveiller encore très fatigué ; on note par ailleurs une fatigue générale, sans cause bien nette qu’elle soit liée à l’effort, ou bien permanente.

 

 

• Traitements et conseils

Informer la patiente sur le fait que sa maladie est « connue » et répertoriée, savoir lui expliquer de manière simple le mécanisme en cause (par rapport à ce qu’on aurait pu lui dire ou ne pas dire auparavant) et lui fournir une explication à ses douleurs, est déjà une première étape au traitement. Cela ne peut que l’aider et celle-ci se sentira déjà rassurée, même avant que ne soit entrepris le moindre protocole de soins.

 

Selon des études cliniques médicales réalisées, il semble qu’une molécule ait montré une réelle efficacité sur la fibromyalgie : l’Amitryptiline. Mieux connue sous le nom de LAROXYL®, ce médicament, à faible dose, a une action antalgique de fond dans ce syndrome : il inhibe en effet la recapture de la sérotonine, dont la concentration synaptique augmente. Son action débute à la troisième semaine de traitement environ, parfois plus vite.S’il n’en reste pas moins un antidépresseur, son mode d’action doit être bien expliqué au patient. Souvent, cela n’a pas été forcément bien fait par le médecin ou le rhumatologue ou sinon bien compris par le patient : ce dernier se dit « choqué » ou incompris de devoir prendre un antidépresseur et il devient nécessaire de lui montrer qu’à cette dose faible, ce médicament va surtout agir sur les « filtres » ne modulant plus la douleur, en leur permettant de fonctionner à nouveau normalement.

 

Les autres antalgiques habituels ne sont quant à eux pas dépourvus d’efficacité, mais ils n’ont pas d’action de fond. En revanche, les AINS sont sans intérêt.En ce qui concerne les soins chiropratiques, tout dépend de la technique employée. Si les ajustements mécaniques (Diversified, Thomson, etc.) conduisent à une détente musculo-articulaire, les techniques de tissus mous présentent ici un intérêt particulier.

 

Néanmoins, il ne doit surtout pas être préconisé au patient de stopper brutalement son traitement s’il en a un, et s’il n’en a pas, il semble intéressant et efficace qu’une association de ces traitements mène à une rémission plus rapide des symptômes cliniques.

 

Autrement, l’exercice physique est bénéfique en permettant à l’appareil locomoteur de fonctionner librement et au patient de penser à autre chose… Marche, vélo, natation, musculation en salle : toutes les activités sont conseillées sans restriction. La relaxation est indiquée chez les patients les plus anxieux.

 

Garder un temps de sommeil suffisant est essentiel : coucher à heure fixe, ne pas s’énerver le soir, repos d’au moins 8 heures sont les conseils qu’il est nécessaire de répéter et de faire appliquer. Le patient ressent généralement un état et un besoin de sommeil dans les premiers temps de son traitement… Une « dette » de sommeil que le corps est en train de récupérer.

 

En conclusion, de nos jours, la fibromyalgie se soigne bien ; pouvoir aider un patient fibromyalgique n’est plus chose délicate, à condition toutefois de bien savoir reconnaître la pathologie dont souffre ce patient…

 

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